
De meilleurs composants, une installation et une surveillance améliorées réduisent le risque d'incendie d'une installation photovoltaïque en toiture, mais ne peuvent pas l'éliminer complètement. Olivier Langejan applique cinq modèles de risque établis à une question : si une ignition se produit malgré tout au-dessus d'un toit combustible, que doit alors accomplir le toit lui-même ?
Par Olivier Langejan
Formation en architecture et ingénierie du bâtiment | AllShield
Je suis commercialement impliqué avec AllShield, développeur de BarrierSheet. L'analyse ci-dessous est neutre vis-à-vis des produits. Lorsqu'un produit est évoqué dans l'article complet, il est explicitement identifié et évalué dans les limites de ses preuves de test.
La sécurité incendie des installations photovoltaïques en toiture commence à juste titre par la prévention : qualité des composants, installation correcte, inspection, surveillance et protection électrique. Rien dans cette analyse ne diminue l'importance de ces mesures.
Mais la prévention a ses limites. Les recherches de FM montrent que de meilleurs produits, une meilleure conception, installation et maintenance réduisent la probabilité d'inflammation mais ne peuvent pas l'éliminer. Les mêmes recherches montrent que les modules photovoltaïques modifient le comportement du feu lui-même : les flammes sont confinées plus près de la surface du toit, augmentant le transfert de chaleur radiatif et convectif vers la toiture en dessous.
Les données d'incidents vont dans le même sens. QBE European Operations a signalé 212 incendies liés aux panneaux solaires au Royaume-Uni en 2025, contre 91 en 2022. Plus pertinent pour la protection des biens, le nombre d'incendies signalés comme s'étendant au-delà de l'installation PV est passé de 33 à 88 sur la même période.
Ma question commence une étape après la prévention : si des panneaux photovoltaïques sont installés au-dessus d'une toiture combustible, que doit permettre la conception toiture-PV pour limiter l'escalade si une inflammation se produit malgré tout ?
C'est une question de risque différente. Une mesure qui réduit la probabilité d'inflammation ne limite pas nécessairement les conséquences une fois l'inflammation survenue. Pour tester cela, j'ai appliqué cinq cadres établis de sécurité incendie et d'ingénierie des risques au même scénario. Ils ont été choisis précisément parce qu'ils examinent le risque sous différents angles : un arbre conceptuel de sécurité incendie, un modèle de barrière, une séquence avant, une analyse causale rétrograde et une architecture de protection.
| Cadre | Fonction de risque | Implication pour la toiture PV |
| NFPA 550 Fire Safety Concepts Tree | Gérer l'impact | La prévention de l'ignition n'est pas la stratégie complète de sécurité incendie. |
| Analyse Bow-tie | Protéger le côté conséquence | Placer des barrières après l'événement principal ainsi qu'avant celui-ci. |
| Analyse de l'arbre d'événements | Interrompre l'escalade | Créer un point d'arrêt sûr avant qu'un incendie de toiture ne devienne un incendie interne du bâtiment. |
| Analyse de l'arbre de défaillance | Rompre la chaîne causale | Supprimer ou interrompre une condition nécessaire : le chemin de propagation vers le bas. |
| Défense en profondeur | Établir la base | Combiner des contrôles préventifs avec une protection passive remplissant une fonction de sécurité différente. |

Les cinq cadres diffèrent par leur objectif, leur méthode et leur terminologie. Aucun ne prescrit un produit, et aucun ne prouve qu’un matériau particulier fonctionne. Pourtant, appliqués au même scénario précisément défini, ils convergent vers le même principe de protection des biens : ne laissez pas de chemin physique ininterrompu pour le feu des panneaux PV vers le bâtiment.
Pour rendre ce principe concret, j’utilise une séquence d’escalade simplifiée :
Défaut électrique → inflammation → feu PV → implication de la toiture → propagation à travers la composition de la toiture → implication des couches plus profondes → incendie interne du bâtiment
Chaque incident ne passe pas par toutes les étapes, et la chaîne n’est pas une prédiction de l’évolution de chaque incendie. Elle montre quelque chose de plus utile : chaque mesure de protection a un point d’influence. La qualité des connecteurs, la conception électrique et l’installation agissent principalement avant l’inflammation. Une fois qu’un feu physique existe, elles ne peuvent plus déterminer si la toiture sera impliquée.
L’arrêt est un bon exemple. L’isolement électrique peut fonctionner correctement alors que le matériau déjà enflammé continue de brûler et d’exposer la toiture à la chaleur et aux flammes. L’isolement n’est pas l’extinction.
Cela conduit au principe central du document :
Une conséquence en aval ne peut pas être gérée uniquement par un contrôle en amont une fois que l’incident a déjà dépassé le point d’influence de ce contrôle.
Une fois qu’un incendie se développe sous une installation PV, la toiture est le chemin physique entre le feu au-dessus et le bâtiment en dessous. Cela fait de la composition de la toiture une partie de la gestion des conséquences, même lorsque le défaut initial est électrique.
La défense en profondeur ajoute un second argument. La plupart des contrôles préventifs et actifs dépendent d’une installation compétente, d’une détection rapide, de l’alimentation, des logiciels ou d’une intervention humaine. Une couche physique passive a ses propres dépendances de conception et d’installation, mais au moment de l’exposition au feu, elle n’a pas besoin d’alimentation, de communication ou d’intervention humaine. Des couches aux fonctions et dépendances différentes sont moins susceptibles de faillir de la même manière.
Combinée aux recommandations actuelles, l’analyse soutient un principe de spécification neutre vis-à-vis du produit :
Pour les installations PV au-dessus d’une toiture combustible, fournissez une stratégie toiture-PV fondée sur des preuves, limitant les conséquences, qui empêche ou interrompt la propagation du feu vers le bas dans les couches combustibles et qui est validée pour l’assemblage toiture-PV prévu.
La formulation décrit délibérément une fonction, pas un matériau. L’ensemble de l’assemblage, les interfaces, les fixations, les pénétrations et la configuration PV restent tous pertinents.
Pour les nouvelles constructions, une toiture basée sur une isolation incombustible est la voie la plus directe lorsque cela est possible. C’est aussi la principale recommandation de la directive ZAG 2026 sur la sécurité incendie pour les PV sur toitures plates.
Les toitures industrielles légères existantes sont un autre cas. La réserve structurelle est un budget limité, et remplacer une isolation combustible par une composition incombustible beaucoup plus lourde peut consommer la capacité nécessaire pour les PV eux-mêmes ou déclencher un renforcement structurel. Dans ces cas, la bonne question n’est pas de savoir si une alternative plus légère est « équivalente à » une isolation incombustible. La question est de savoir si cette alternative démontre la fonction de limitation des conséquences requise. Le ZAG indique que de telles solutions doivent montrer une robustesse similaire lors de tests sur un segment complet de toiture avec plusieurs modules PV.
Les modèles établissent pourquoi la limitation des conséquences doit faire partie de la conception. Ils ne prouvent pas qu’un seul produit est suffisant, que l’isolation combustible devient sûre dans toutes les configurations, ou que la prévention peut être réduite. Les pénétrations, lanterneaux, bords et autres détails peuvent créer des chemins de feu distincts. Les résultats des tests et les agréments ne s’appliquent que dans leur champ d’application déclaré.
Les modèles définissent ce que la toiture doit faire. Les essais au feu de l’ensemble de l’assemblage déterminent si une toiture spécifique le fait réellement.
Le document complet applique chaque cadre en détail et présente les preuves actuelles de FM, ZAG, Kiwa et Efectis. Il examine également BarrierSheet comme une mise en œuvre attestée et discute les limites de cette preuve.
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À propos de l’auteur
Olivier Langejan a une formation en architecture et en ingénierie du bâtiment et a été directement impliqué dans le développement et la supervision de programmes d’essais au feu pour des toitures commerciales et des systèmes PV en toiture. Ses livres blancs examinent le PV en toiture du point de vue du système de toiture complet : structure, composition, comportement au feu, assurabilité et économie.
Les toits plats équipés de panneaux solaires photovoltaïques nécessitent une protection incendie prenant en compte l'ensemble de la structure du toit. AllShield BarrierSheet est notre solution standard pour les constructions neuves et la rénovation de toitures, installée sous une nouvelle membrane d'étanchéité. AllShield Blue est une alternative spécialisée pour certains toits existants où conserver l'étanchéité actuelle présente un avantage pratique évident.